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De la construction d’une boutique en ligne à son épanouissement

Interview de Perrine, fondatrice de l’e-boutique www.avenuecalifornie.com

Il y a 1 an tout pile, lorsque j’ai eu envie de changer l’image de marque de mon auto-entreprise, j’ai eu envie de me tourner vers les créatrices issues du domaine du green et du zéro-déchet. C’est à ce même moment-là, que j’ai fait la connaissance de Perrine, un petit morceau de femme hyper souriante et dynamique, lors d’un rdv d’entrepreneurs.

Je l’ai tout de suite trouvée très inspirante de par sa détermination et le message qu’elle cherchait à passer au travers de sa e-boutique résonnait déjà en moi. Il était donc logique de vous livrer son parcours depuis l’idée de son e-shop jusqu’à l’épanouissement qu’elle vit aujourd’hui un an après son lancement.


Hello Perrine, peux-tu nous dire qui se cache derrière Avenue Californie ? 

Je suis une nana de 32 ans qui a lancé sa boutique virtuelle il y a environ 2 ans. 

Ça fait un petit moment que j’ai ce projet-là en tête, j’ai créé cette boutique web, car moi-même, j’ai trouvé des problématiques sur la cosmétique naturelle. À l’âge de 28/29 ans, j’ai eu des problèmes de peau, lorsque j’ai arrêté la pilule. 

Je suis issue de l’univers de la cosmétique, j’ai été maquilleuse pendant 12 ans, aussi bien pour de grandes marques qu’à mon compte. 

J’ai un peu mal vécu cet univers, car c’est une niche aseptisée et conditionnée selon les critères de beauté en vogue. 

Malheureusement, j’avais des réactions cutanées sur mon visage. Pas assez intenses pour se diriger vers un Roaccutane, donc je me suis dit que j’allais me tourner vers une démarche plus saine et naturelle. 

C’est comme cela que j’ai commencé à tester une quinzaine d’huiles végétales sur le visage, mais seulement une me convenait et a réussi me soulager. Puis dans la continuité de ma quête, j’ai répété la recherche pour les cheveux, et ainsi de suite.

Avenue Californie, c’est vraiment le reflet de mon parcours personnel et de mon histoire. 

C’est tout simplement le fait d’accompagner les clientes sur le côté émotionnel, alimentaire et typologique de leur vie, pour les aider à aller vers une routine cosmétique plus naturelle.

Que faisais-tu avant de lancer ton entreprise ?

Un an avant le lancement officiel d’Avenue Californie, j’avais déjà mis en place les ateliers beauté. 

Mais j’ai dû me réinventer avec l’arrivée du Covid. Je partageais déjà pas mal d’astuces et de marques que je découvrais sur mon profil Instagram @avenuecalifornie, et il y avait une vraie demande. C’est là que je me suis dit qu’à la place de vouloir créer une boutique physique, j’allais lancer une boutique e-commerce. 

À l’époque, je n’y connaissais rien, j’étais maquilleuse. Je n’avais aucune connaissance technique pour créer un e-commerce. J’ai cherché pas mal d’infos, je me suis formée et j’ai appris comment créer un site de vente en ligne comme ça. 

Le réseau que j’avais créé depuis 10 ans m’a permis de trouver des clients potentiels très rapidement, et ainsi faire des ventes dès le début. 

Comment est né Avenue Californie ?

C’est une idée qui fleurissait déjà depuis 4 ans, j’étais déjà certaine du nom que je voulais “Avenue Californie”. Je voulais une boutique e-commerce différente de tout ce qui existe déjà, type MonCornerB, Beauty Vanity, pas assez rock’n’roll à mon goût. En commençant à chercher, je me suis rendue compte que j’étais vraiment fan de la Californie, en écho à mon voyage là-bas.

Je me suis rapidement projetée sur ‘Avenue”, où j’ai imaginé un lieu avec différentes boutiques tournées vers le healthy, type smoothie, cosmétique, alimentation, tout était lié pour prendre en compte tous les domaines pour prendre soin de soi.

Aujourd’hui, je suis axée sur la cosmétique, mais cela m’arrive de faire des collab avec d’autres marques de différents univers, mais toujours dans la tendance zéro déchet, spiritualité, etc. 

Quelles ont été les grandes étapes pour créer sa boutique ? 

Avant tout, je tiens à soulager beaucoup de personnes pour éviter de faire la même erreur que moi. 

Penser qu’ouvrir une jolie boutique et faire les choses bien, ça marche, ce n’est pas forcément vrai

Finalement, la façon dont tu vas voir ton business est le plus important. Il faut savoir déterminer rapidement si tu souhaites en vivre, si c’est seulement une activité que je veux développer en plus de mon job salarial, etc.

Je pense qu’il faut d’abord être prête à donner pour soi, à beaucoup de remise en question

Personnellement, je n’étais pas préparée, j’ai fait une formation pour créer son site, mais je pense qu’une formation pour apprendre à être un chef d’entreprise aurait été plus bénéfique. Car c’est vraiment le mindset qui fait toute la différence dans un business. 

La plus grosse difficulté, c’est lorsque tu commences à perdre pied, parce que ton cerveau n’est pas préparé à ce qu’il y ait des hauts et des bas. Le secret pour tenir, c’est d’accepter que ce ne soit jamais fini et que ça évolue tout le temps. 

Lorsqu’on est auto-entrepreneur, il faut accepter que notre business n’est jamais parfait, finit, prêt, il évolue sans cesse. 

Comment élabores-tu ton catalogue de produits ?

Il y a énormément de marques sur le marché de la cosmétique. Et je comprends donc, Madame Michu (alias Madame Tout le Monde), qui est face à un rayon et qui se dit “Euh, mais qu’est-ce que je prend ? De quoi ai-je besoin? » 

Et c’est cela que je veux faciliter à ma clientèle. J’analyse les compositions des produits de A à Z, donc ma cliente sait qu’en venant sur mon site de e-commerce, tout est clean, que j’ai effectué le travail en amont. 

1-  Je regarde l’identité de la marque. 

Il faut que le concept me plaît, que le produit soit naturel, sensoriel, que je puisse avoir confiance et crée un lien fort avec le/la créateur/créatrice. L’expérience utilisateur doit être au rendez-vous.

Je ne suis pas du genre à ajouter une marque pour le simple fait d’ajouter une marque de plus au shop. Je l’ai choisie, car elle me plait vraiment.

2-  J’analyse la composition. 

Je sélectionne 10 produits de la marque. Et si sur 10 produits, il y a un produit où la composition ne me plait pas, je ne prends pas la marque. Il faut vraiment que tout de A à Z soit “propre” et que je n’ai pas de soucis avec l’intégrité de la marque. 

3- Je teste les produits 

Ça m’est arrivé de tester plein de choses, surtout au moment de créer un magasin digitale pour ma marque. 

Les tests peuvent durer 2-3 mois. Si le produit n’est pas adapté à ma typologie, je fais tester à mes amies ou à ma mère, et on fait une interview pour avoir un retour complet.

T’arrives-tu de faire une étude de marché ?

Je fais plutôt de l’analyse de tendance, c’est-à-dire que traite les tendances beauté via mes articles de blog. Je recherche ce que les gens apprécient pour vendre le produit sur mon propre site, lorsque c’est possible.

Observer les tendances est une bonne façon d’améliorer son taux de conversion et de trouver de nouveaux clients.

Travailles-tu avec des points de vente ?

Étant déjà un revendeur, je n’ai pas de point de vente, mais plutôt des pop-ups ou boutiques éphémères. Cela permet aussi de créer du lien et encore un réseau de créateurs qui font souvent des marchés, etc. … 

C’est à chaque fois une animation qui se produit autour de ton concept, et tu peux vraiment en parler avec tes mots, sans passer par les réseaux ou autres outils de communication, ce qui te permet d’être toi-même, et ça c’est cool !

À l’heure actuelle, délègues-tu une partie de ton business ?

Oui en effet, aujourd’hui, je délègue les fiches produits et les réseaux sociaux. Financièrement, je ré-injecte tout ce que je gagne pour déléguer, car je sais que ça sera bénéfique. 

Déléguer est très difficile, car en général, c’est ton bébé, ce que tu as créé. Mais c’est cette action qui fait que tu es un bon manager. Au plus tu vas déléguer, au plus tu vas gagner de temps.

Je me fais accompagner sur la stratégie digitale. C’est une community manager freelance avec une spécialité sur le SEO et les fiches produits, c’est une super copine ! Elle m’aide à savoir quels sont les outils marketing à utiliser, et comment réussir mon référencement.

Après une analyse de plusieurs mois, elle m’a développé une stratégie clé-en-main, qui me permet de ne plus me tracasser, et surtout d’avoir une gestion de contenu simplifié. J’aurais pu recourir à une agence web, mais le coût est souvent exorbitant.

Quel a été le point décisif pour commencer à déléguer ?

Au début, ça a été les montagnes russes. Comme pour beaucoup de e-commerçants, mon mental a suivi les succès et les échecs de ma plateforme e-commerce. Face à ces fluctuations, j’ai compris et que si je ne lâchais pas prise, je n’allais pas y arriver. J’ai donc fait appel à un prestataire qualifié. J’avais déjà eu un contact avec **Alice**, experte dans son domaine.

Elle m’a fait 2 heures de présentation du projet, il m’en a fallu 1 heure pour lui dire que j’étais convaincu et qu’il fallait absolument qu’elle s’occupe de moi. Ça a été une évidence.

J’imagine que déléguer, cela à un certain coût  ? 

Oui en effet. Mais ça a de nombreux avantages ! 

6-8 mois après le lancement, je déléguais déjà. C’est vraiment nécessaire, car ça va me permettre de ne pas être stressée et de libérer cette charge mentale que l’on se met !

As-tu suivi une baisse de ton CA durant l’été ? 

Oui, cela a même commencé à m’angoisser. J’ai, certes, triplé mon chiffre d’affaires comparé à l’année dernière, mais je n’ai pas encore atteint mon objectif : vivre de ma boutique. Mais je m’en rapproche à grands pas ! J’ai donc relativisé en me disant que ma clientèle était en vacances, partie profiter au soleil, et que j’allais donc faire de même afin de recharger les batteries et ne pas travailler dans le vide.

Depuis 1 an, comment vis-tu émotionnellement ?

Il faut savoir que c’est vraiment les montagnes russes. C’est différent pour chaque personne, tout dépend de comment tu as préparé le terrain, de la façon dont tu fixes tes objectifs. Il faut éviter de se comparer, petite astuce par exemple, désabonnez-vous des comptes de vos concurrents, cela peut engendrer de la frustration et une perte de motivation. 

Il faut se concentrer sur soi-même et rester aligné sur ce qu’on aime et ce qui nous ressemble. 

Il faut se lancer un peu avec des œillères, tout en restant alerte sur les tendances et les techniques, mais rester focus sur son concept. 

Financièrement, comment cela se passe pour toi ?

Aujourd’hui, donc 2 ans après le lancement, il faut savoir que je ne sors toujours pas un salaire. Il faut anticiper cela, mais mon chiffre d’affaires est en constante augmentation.

Par contre, lorsque l’anxiété monte, je fais toujours un comparatif des mois sur l’année précédente, ce qui me permet de relativiser dans mes objectifs. 

Comment faire face à un jour où tout va mal ?

Le secret, c’est d’accepter, de se dire que ce n’est pas grave et que ça arrive. Les jours où je n’arrive à rien, j’ai donc pris l’habitude de faire uniquement quelques tâches où je n’ai pas besoin de m’impliquer à 100%, comme les livraisons de commandes. Et je m’accorde du temps pour me détendre et qui me fasse plaisir : promenade, plage, paddle, sieste, activités sportives, sortie avec les amis, etc. …

Retrouve les articles beauté d’Avenue Californie sur son blog

Quels sont les pièges à éviter lorsqu’on travaille depuis chez soi? 

  • Haha, la règle numéro 1, c’est d’éviter de rester en pyjama ! 

C’est le pire, le fait de ne pas se sentir bien / belle / à l’aise. Je n’étais jamais motivée, je me trouvais moche, et tu as tendance à vite perdre le rythme du salariat. Ici, tu fais presque tout en même temps. Du coup, tu perds le rythme de ta journée. Et tu arrives à 12h, tu n’as rien fait de productif, cela peut être néfaste pour ton business. 

  • Resté entouré de personnes bienveillantes et dans la même situation professionnelle. 

Je garde mon rythme de me rendre à des apéros d’entrepreneurs, de faire des rdv pro et de développer mon réseau, c’est hyper important ! Cela évite de rester seule dans son coin, tout en partageant nos expériences et en se soutenant.

  • Garder son samedi et dimanche en week-end. 

Cela doit être absolument une pause, sinon tu ne coupes jamais du travail. Ça me permet de mieux revenir le lundi pour démarrer une nouvelle semaine. Et ainsi d’être constante dans mon travail et de tenir sur la durée. 

  • Faire des pauses dans la journée

Rien que le fait d’aller acheter le pain à pied, cela permet de s’aérer.  Sortir de la maison, tout comme le trajet en voiture que tu effectues pour te rendre au travail, c’est un temps où tu ne penses pas au travail, et ça c’est mon mentor qui me l’a appris. C’est un moment où tu sors de la routine, c’est hyper important ! 

As-tu dû te former pour lancer ton blog boutique ? 

Pour créer un site internet. Oui, j’ai suivi une formation grâce au CPF pour créer mon site. Mais étant très curieuse, j’ai rapidement dévié sur le net. J’avais des besoins spécifiques et rapidement, d’autres sources d’informations sont arrivées pour créer mon eshop avec Shopify, avec de nombreuses fonctionnalités. 

Clairement, j’y ai passé du temps. Mais aujourd’hui, l’hébergement de mon site, ce qui comprend le nom de domaine, se fait sur la plateforme Shopify. J’ai pu réaliser cette solution e-commerce à partir d’un template déjà existant. Ensuite, avec de la personnalisation accessible directement depuis le back-office, j’ai pu atteindre le résultat souhaité. 

Il existe de nombreuses templates disponibles pour tout type de site selon votre commerce par internet

Y a-t-il des moments récurrents difficiles à surmonter ? 

Le plus dur, c’est de lâcher prise. Je pense qu’on a tendance à se mettre beaucoup de pression pour avoir une image lisse, et justement, ce sont de petits détails un peu moins parfaits qui font l’authenticité de la personne et de la marque.

Quel(s) conseils donnerais-tu à une créatrice qui veut se lancer? 

Il faut croire en soi et foncer !
Ça vaut toute l’expérience du monde. Je trouve que l’entrepreneuriat, c’est l’école de la vie parce que tu apprends à te découvrir et à connaitre plein de choses. 

C’est sûr, ce n’est pas facile tous les jours, mais ça sera la meilleure chose qui puisse t’arriver !

Bien s’entourer ! 
En particulier de gens bienveillants, qui te tirent vers le haut et qui chassent la négativité. Partager avec des gens qui vivent la même chose que toi et potentiellement trouver un mentor, car ça aide à y voir plus clair et comprendre les moments compliqués. 

Prendre soin de soi. 
Au-delà de l’entreprise, savoir s’écouter et savoir dire stop quand c’est trop. Accepter de prendre des jours de repos et de vacances. Savoir mettre la barrière entre le travail et le perso, même si c’est difficile. 

J’espère que ce genre d’article t’as plu, je suis très contente d’avoir pu mettre à l’honneur une business-copine ! 🙂 N’hésites pas à faire cette article à quelqu’un que cela pourrait rassurer, je t’invite également à découvrir le page Instagram @avenuecalifornie ainsi que son blog pour pleins d’astuces et de conseils https://www.avenuecalifornie.com/

Aimes-tu ce genre d’article ?
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